Bienveillance, trop c’est trop !

Est-il possible que la bienveillance envers les autres nous mènent sur un terrain que nous n’avons pas voulu?

“Quand tu reçois un coup sur la joue, Jésus te dit de tendre l’autre joue…

Je ne suis pas Jésus…”

Auteur inconnu

 

Selon le dictionnaire, la bienveillance est la capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée et compréhensive.

Il est certain que vu sous cet angle, il est difficile de trouver une connotation négative à la bienveillance. Vouloir du bien aux autres, en voilà une bonne idée! Mais jusqu’où? Voilà l’objet de notre article. Il y a selon nous dans cette définition un “petit” oubli voire un gros bémol… Être bienveillant avec les autres, c’est avant tout être bienveillant avec soi. C’est la même chose pour la notion de respect. Comment voulez-vous être respectueux envers d’autres personnes si vous ne vous respectez même pas vous-même? Ça peut paraître simple et évident et pourtant… vous allez voir que nous oublions souvent d’en faire cas… Voici un concept que nous empruntons à Isabelle Wats, créatrice de l’école de coaching CreaCoach en Belgique et auteur du livre : “Que veux-tu vraiment?” aux éditions Jouvences.

L’escalade de la bienveillance

Chapitre 1- L’indulgence

Prenons l’exemple du retard de Pierre à une réunion d’équipe. Je suis le responsable hiérarchique de Pierre. Nous avons une réunion importante à 09H00 ce matin. Pierre arrive une demi heure en retard. Que ce passe t-il? Je suis indulgent avec Pierre, c’est-à-dire que je ne lui tiens pas rigueur de l’erreur qu’il a commise ni même d’ailleurs du fait qu’il n’ai pas mobilisé son énergie comme il aurait dû le faire pour arriver à l’heure. Nous sommes ici dans la phase d’indulgence. Je ne fait pas de remarque à Pierre qui s’est excusé en arrivant, prétextant des difficultés avec ses enfants.

Chapitre 2 – La tolérance

Retard

Le lendemain, Pierre arrive encore en retard à la réunion avec les mêmes excuses. Je suis alors tolérant, je commence à tolérer que Pierre arrive en retard vu qu’il a des difficultés avec ses enfants. Si je ne fais pas de remarque à Pierre à ce moment-ci, nous allons rentrez dans une forme d’escalade de la bienveillance. Sous prétexte d’être sympa avec Pierre, de comprendre ses difficultés, je risque de le regretter plus tard…

Chapitre 3 – La complaisance

la bienveillance au travail

Le troisième jour, Pierre est de nouveau en retard d’une bonne demi heure. Et comme à son habitude, il entre, s’installe et s’excuse platement tout en expliquant une histoire abracadabrante qu’il a vécu ce matin avec ses enfants. Nous rentrons alors dans ce qu’on appelle la phase de complaisance. Si je ne réagis pas à ce moment-ci, je deviens complice de Pierre et de son comportement et la situation ne peut que s’empirer.

La complaisance est une disposition à s’accommoder au plaisir et aux désirs des autres. Expliqué autrement, on pourrait dire que c’est un mélange entre le désir de plaire à l’autre et la crainte de déplaire qui nous empêche d’agir. C’est la limite à ne pas franchir! car sous prétexte de tolérance, il pourrait arriver que vous deveniez complaisant. Or nous l’avons vu, dans cette situation, nous avons déjà fait preuve de tolérance envers Pierre. Vous devenez complaisant lorsque quelque chose vous dérange mais que par peur de déplaire ou par désir de plaire, vous ne dites et ne faites rien!

Que se passe-t-il alors dans l’équipe, Pierre prend largement l’habitude d’arriver en retard. Cela devient normal. Les autres membres de l’équipe commencent à se dire que s’ils arrivent en retard de temps en temps, ce n’est pas si grave puisque Pierre le fait et que cela n’a pas de conséquence.

Chapitre 4 – Le terrorisme

marcher sur une peau de banane

Quand on dépasse cette phase de complaisance, nous devenons complice du comportement inadéquat de l’autre. On rentre alors dans une phase encore plus sombre. C’est la phase de terrorisme. C’est le moment où vous n’osez plus agir de peur du mécontentement des personnes concernées. Imaginons que nous sommes une semaine après le premier retard de Pierre. Ce matin là, il est 9h00 et je suis le seul à l’heure en salle de réunion. Évidement, cela m’énerve profondément et en bon responsable hiérarchique, le premier à entrer dans la pièce, se fait engueuler comme du poisson pourri. Comment croyez-vous qu’il va réagir ? C’est la première fois qu’il est en retard, de 5 minutes seulement, et boum, ça tombe sur lui…

La phase de terrorisme, c’est la phase où vous êtes allé trop loin dans la bienveillance pour l’autre sans tenir compte de votre propre bienveillance. Il est trop tard pour agir… Quoi que vous fassiez, ce sera mal pris. C’est très difficile de faire marche arrière quand on en est arrivé là. La solution est alors de créer une rupture, de reposer le cadre. N’est-il pas bien plus simple de faire en sorte de ne jamais devoir en arriver là ?

 

Alors, comment éviter de tomber dans le terrorisme?

Partons du principe que nous sommes bienveillants (avec les autres et avec nous-même).

Nous avons aussi le droit d’être indulgent, l’erreur est humaine et nous ne sommes pas des robots!

Ensuite, nous avons encore la possibilité d’être tolérant en comprenant les difficultés des autres, en tenant compte de leur situation, de leur environnement. Dans l’exemple ci-dessus, en se mettant à la place de Pierre qui a des difficultés avec ses enfants, nous faisons preuve de tolérance.

Mais c’est à ce moment là qu’il faut replacer le cadre pour éviter d’aller trop loin…

A ce moment là, si vous êtes bienveillant avec vous et si vous vous respectez, il est nécessaire de réagir en exprimant votre difficulté.

” Pierre, je comprends que ce soit difficile pour toi pour l’instant. Mais tu dois comprendre que lorsque tu arrives en retard d’une demi-heure, c’est tout le service qui prend du retard. Ton retard a des conséquences importantes pour tout le monde. Tu dois tenir compte de cela et j’attends de toi que tu t’organises pour respecter les horaires”. Avec une intervention comme celle-ci, vous replacez un cadre bienveillant et respectueux. Vous avez déjà laissé passer deux fois un gros retard, il est temps de réagir.

C’est une alerte indispensable. Un rappel à ne pas rater si vous voulez rester dans la bienveillance envers Pierre, vous-même et le reste de l’équipe!

 

J’ai pris un exemple dans une situation de travail. Il est évident que ce concept s’adapte très bien dans les relations familiales. Avec les enfants par exemple, il est très important de ne pas tomber dans la complaisance, surtout si vous voulez conserver un zeste d’autorité ;-)!

enfant regard noir

Soyez bienveillant, indulgent, tolérant avec vous et avec vos proches. Mais, faites très attention de ne pas devenir complaisant! C’est votre responsabilité et se sont là les limites de la bienveillance. Trop, c’est trop! N’oubliez pas d’être bienveillant pour vous aussi! Car, quelque soit la situation et l’interlocuteur, une fois la phase de terrorisme entamée, il est très difficile de faire marche arrière. Même si à ce moment-là, vous comprenez très bien ce qu’il s’est passé.

C’est un peu l’idée qu’on ne laisse pas une pomme pourrie dans le panier. Il faut traiter cette pomme pourrie de suite! Si vous ne retirez pas la pomme, vous devenez complice et ensuite, vous deviendrez victime car toutes les pommes seront pourries!

 

Voilà comment au départ d’une bonne intention, vous pouvez vous retrouver dans une situation que vous n’avez pas voulue… Heureusement, vous savez maintenant exactement quand vous devez dire stop ;-)!

stop à la bienveillance

Pour aller plus loin on vous propose un article a propos des bonnes croyances à adopter pour réussir.

Pour conclure :

Bienveillance : OUI

Indulgence : OUI

Tolérance : OUI

Complaisance : NON

Terrorisme : NON

Si cet article vous a plu, merci de le partager abondamment sur les réseaux sociaux, ça peut toujours servir à d’autres!

Et n’oubliez pas que le plus difficile, c’est d’appliquer concrètement les concepts!

Alors bougez-vous, personne ne le fera pour vous! 😉

Tom & Amande

 

 

 

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3 Comments

  • Evan BOISSONNOT 8 août 2017 at 9 h 42 min

    Bonjour Tom & Amande

    Je vous remercie pour cet article.

    Ne confondons pas bienveillance et bisounours 🙂
    Bien souvent les gens qui critiquent le plus la bienveillance sont ceux qui ne la comprennent pas (ou qui ne l’utilisent pas).

    Etre bienveillant ne veut pas dire : tout laisser passer, c’est même tout le contraire !

    Il faut par contre être bienveillant dans la façon de faire passer les messages, ce que vous mentionnez par le cadre bienveillant.

    Le plus difficile étant les sanctions : doit-on ou non appliquer des sanctions dans un cadre et une volonté bienveillante ?

    Comment alors laisser les personnes avoir confiance en elles ?

    Au plaisir
    Evan

    Reply
    • Tom et Amande 9 août 2017 at 23 h 42 min

      Bonjour Evan, ta question est pertinente et délicate… J’aurais envie de te dire que c’est ta responsabilité d’appliquer une sanction dans un cadre bienveillant si tu en as le mandat…
      Nous avons tous besoin d’un cadre pour évoluer, est-ce que le fait d’avoir un cadre diminue la confiance que tu as en toi? Personnellement, je ne le pense pas.

      Reply
  • Catherine 2 novembre 2017 at 11 h 59 min

    Le mieux pour ma part c’est de recadrer en dehors de la réunion. D’avoir un dialogue avec Pierre en tête à tête dès le deuxième jour, en dehors du regard des autres participants.

    Reply

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