Comment aider un ami qui vit un drame ?

Il n’est pas toujours facile de savoir comment réagir quand vous apprenez qu’un de vos amis a connu un évènement de la vie qui le met en difficulté. La perte d’un proche par exemple. Chacun d’entre nous étant fondamentalement différent, nous réagissons différemment à ce type d’annonce. Peut-être avez-vous déjà ressenti comme nous, l’impression de ne pas savoir “quoi dire” ou de ne pas avoir été perspicace dans ce genre de situation. Pour venir en aide ou épauler un proche qui vit un drame, il faut pouvoir comprendre ce qu’il vit et on espère que cet article pourra vous aider à comprendre les mécanismes liés à la confrontation d’un drame avec nos vies.

On pourrait définir un drame pour les besoins de l’article par “Accident ou désastre jugé grave par la personne qui en subit les conséquences”.Drame de la vie.

Concrètement, cela peut être une multitude de choses, un échec à un examen, une séparation, le décès d’un proche, une maladie grave, la perte de son emploi, etc. Finalement, tout peut devenir un drame pour autant qu’on perçoive ce qui nous arrive comme étant un drame. Pour notre plus jeune garçon, par exemple, perdre son doudou est un drame. Il semblerait qu’il y ait un processus commun face à ces évènements dramatiques.

Ce qui est intéressant à analyser ce sont les différents états par lesquels nous passons quand nous vivons un drame personnel et de voir aussi que chaque étape de ce processus correspond à un niveau d’énergie différent. Lorsque nous vivons ce genre d’événement, le “grand jeu” des émotions peur, colère, joie, tristesse va se manifester sous différentes formes mais à chaque fois, cela aura une importance capitale pour pouvoir continuer à avancer sereinement dans la vie. Dans cet article, il n’est pas question de conseils pour se sortir plus vite de ces situations dramatiques peu confortables, car chacun vivra les choses différemment, dans un timing et une intensité différents.

Cet article est surtout écrit dans le but de vous aider à mieux comprendre le désarroi d’un proche qui vivrait actuellement une telle descente aux enfers. Et pourquoi pas, que vous puissiez vous aussi par la même occasion et avec le recul, analyser les drames que vous avez vécu et vous apercevoir que vous êtes probablement aussi passés par les phases suivantes. En général, comprendre permet souvent d’accepter et donc d’avancer.

 

Et surtout, on n’oublie pas le trio gagnant pour un état d’esprit positif ?! Curiosité, Apprentissage et Compréhension 🙂

 

Voici les 8 étapes que nous suivons après avoir vécu un drame :

1-Le déni

La première phase qui suit un drame est la phase de déni. Le fameux “Ce n’est pas possible!“. Nous n’acceptons pas la situation telle qu’elle nous apparaît. Cette situation ne correspond en rien à nos attentes et notre cerveau utilise le mécanisme de suppression et distorsion (voir l’article sur les 3 mécanismes qui créent notre réalité ). Il refuse de voir la vie en face car inconsciemment, il a connaissance des conséquences du drame.

Le déni est un mécanisme de défense mais, est-ce que cette phase est réellement positive pour nous ?
Si on considère que la peur n’évite pas le danger ou qu’une femme qui fait un déni de grossesse fini tout de même par accoucher, il est difficile de considérer le déni comme une réaction positive.
Pourtant, en tant que mécanisme de défense, le déni a son intérêt! Il nous permet de temporiser notre réaction face à une réalité que nous jugeons intolérable. Il nous laisse le temps nécessaire pour digérer l’information suite au drame et permet une réaction plus modérée de notre part. Ensuite, une autre phase très importante vient, une fois la phase déni terminé.

2-Le marchandage

Le marchandage est une forme de justification. Maintenant que nous ne pouvons plus nier la réalité, il nous faut la comprendre selon nos croyances! Pour cela, nous nous inscrivons dans une phase de recherche de culpabilité. En effet, s’il y a un coupable, il est plus facile de comprendre la situation que s’il n’y a pas de raison apparente. A qui revient la faute ? Cette phase normale permet à notre ego de reprendre un peu le dessus sur cette situation.

3-La colère

La colère.

Une fois le coupable de notre catastrophe identifié, il est bien normal de lui en vouloir. La colère est donc la troisième phase, qui intervient. Elle s’exprime car il est nécessaire de se faire respecter suite à ce que l’on a vécu.

La colère intervient lorsque nous rentrons dans la phase de conscience des conséquences liées à la catastrophe vécue. On se rend compte maintenant qu’il n’y a pas de retour en arrière possible. C’est alors que la pensée : “Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela” nous envahit… La durée de la phase de colère dépend souvent de notre capacité à exprimer celle-ci. C’est le moment où l’on commence à extérioriser nos souvenirs liés à la catastrophe
.

4-La peur du futur

Nous ne sommes plus en colère, mais nous avons peur, peur de l’inconnu, peur de ce que nous allons devenir demain. Bien sûr, la peur n’est pas toujours justifiée, mais depuis la phase de déni, ce qu’il faut remarquer c’est que notre niveau d’énergie ne fait que baisser. Cette phase d’un futur qui nous angoisse ne va pas nous aider à faire remonter notre niveau d’énergie… On se vide petit à petit. C’est la seconde grande famille d’émotions qui intervient dans le processus de réaction face à une catastrophe, la peur.

5-La tristesse

Tristesse

Après la colère qui nous incitait à nous faire respecter, cette phase de tristesse est essentielle car elle est à l’opposée de la phase de déni. La tristesse, c’est l’émotion qui nous apparaît lorsqu’il nous est nécessaire d’accepter la situation. C’est aussi et malheureusement une phase qui nous enterre encore un peu plus d’un point de vue énergétique.  Notre pile interne continue à se vider. Lors de cette phase, il n’est pas rare que l’émotion de tristesse se transforme en sentiment ou en état d’esprit. Lorsque c’est le cas, on commence à douter de nous. Nous nous enfermons dans un sentiment de morosité, la dépression est proche. Cette phase de tristesse peut être longue. Elle prendra le temps nécessaire pour que vous puissiez accepter la situation. Le premier besoin auquel il faudra répondre face à cette phase de tristesse, si un proche est concerné, est de pouvoir le consoler. Il est donc important de ne pas rester seul dans cette phase. La tristesse est obligatoire mais elle se partage et se dissipe lorsqu’on est épaulé. Il n’est pas nécessairement question de trouver une solution à la tristesse mais simplement d’être présent et bienveillant.

6-L’euphorie

La phase d’euphorie est un mécanisme de défense qui survient naturellement après cette vertigineuse chute en énergie. Vous êtes complètement vidé et le corps réagit.  Il y a un sursaut, comme un électrochoc qui intervient pour vous sortir de ce mauvais pas. C’est la quatrième émotion de base, la joie. Elle pointe son nez pour stopper net cette dégringolade énergétique. La joie revient peu à peu et votre état émotionnel se stabilise. Vous réapprenez à vivre, à rire et à prendre du plaisir dans certaines situations.

7-L’apathie

apathie

Une fois votre état stabilisé, s’installe alors en vous, une phase d’apathie. Elle survient car vous cherchez à vous protéger. Vous venez de vivre les montagnes russes émotionnelles et pour éviter une rechute vers la peur, la tristesse ou la colère, vous vous mettez en position de sécurité. Cela consiste à ne pas vivre grand chose, à limiter les risques, éviter l’inconnu, montrer peu d’investissement dans les relations et dans les projets, montrer une certaine résistance au changement. Cette phase peut être très longue mais la bonne nouvelle c’est que c’est la phase qui marque la fin de la désorganisation de votre vie depuis votre la catastrophe. Votre niveau énergétique est bas, mais vous êtes prêt à entamer la phase suivante.

8- La réorganisation et la reconstruction

Durant cette phase votre niveau énergétique monte palier par palier, vous reprenez confiance et vous vous permettez à nouveau de vivre plus intensément. Vous êtes dans le pardon et l’acceptation de ce qui vous est arrivé. On peut même dire que vous avez grandi. Vous prenez petit à petit conscience que cette catastrophe était un apprentissage pour vous, vous avez gagné quelque chose. La vie continue et vous êtes plus fort. Gratitude…

 

D’un point de vue énergétique,

Voilà comment fluctue notre niveau d’énergie lorsque nous vivons une catastrophe. Nous entrons dans un long processus de désorganisation de notre vie. On voit clairement le niveau énergétique descendre jusqu’à la phase de tristesse. Ensuite, une petite phase d’euphorie apporte le changement nécessaire pour l’inversion de la courbe des niveaux énergétiques. La phase d’apathie qui suit apporte une certaine stabilité. Elle est nécessaire pour reprendre confiance en la vie et sortir de l’emprise des émotions fortes. Pour finir, une phase de reconstruction prend naissance. Elle correspond à une hausse progressive de votre niveau énergétique.  Cette phase de reconstruction permet une réorganisation de notre vie pas à pas.

Pour résumer :

On voit donc que nous passons par des phases très différentes les une des autres, chacune d’elles ayant une utilité certaine et étant liée à une émotion dominante. Pour aider un proche, il est nécessaire d’identifier la phase dans laquelle il se trouve et de pouvoir répondre au besoin provoqué par l’émotion dominante.

Voici un petit récapitulatif des 4 émotions de base, de leurs utilités et des besoins qu’elles suscitent chez nous :

La colère

La colère est une réaction primitive pour faire face au danger. Mais elle est aussi un moyen de communication. Elle permet de faire ressentir aux autres ce que l’on ressent.La colère s’exprime pour libérer de grandes quantités d’énergie, c’est le principe de la soupape sur les cocotes minutes. Il n’est pas possible d’emmagasiner plus de douleur qu’on ne le peut. Une partie de cette douleur peut s’extérioriser sous forme de colère.

Le besoin d’une personne qui est en colère est d’être reconnu pour ce qu’elle est, de se sentir respectée par les autres. Si vous voulez aider une personne en colère, il faudra souvent pouvoir la valoriser pour éliminer l’idée “Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela” qui tourne en boucle dans sa tête et surtout éviter les phrases du type “Ne t’énerves pas!” car si vous lui demandez de se calmer vous la contraignez à ignorer ce qu’elle ressent.

La peur

Elle est utile pour nous mettre en garde face à un danger potentiel, un changement d’environnement, une nécessité d’adaptation ou d’action. Bien que beaucoup de nos peurs ne sont pas justifiées, la peur nous amène à choisir entre 3 actions possibles :

  • La fuite
  • L’affrontement
  • Ne rien faire

Le besoin d’une personne qui a peur est tout simplement celui d’être rassuré. Une des idées les plus rassurantes pour l’être humain est de ne pas être seul dans une situation, qu’elle soit à vivre ou à résoudre. Des paroles sincères et un engagement de votre part peuvent rassurer : réconfortOn va surmonter ça ensemble. Il y a beaucoup de personnes qui peuvent t’aider à surmonter cela et je suis fier et heureux d’en faire partie !”

La tristesse

Elle est intéressante car elle permet d’accepter une situation que vous ne pouvez pas changer. La tristesse c’est l’acceptation de ce qui est, même lorsque cela ne vous plaît pas.

Le besoin d’une personne triste est d’être consolé. Il s’agit de donner de l’affection, d’écouter et de comprendre la douleur de l’autre sans donner de conseil s’il ne l’a pas demandé. Garder le contact, rester présent et proposer votre aide au besoin.

La joie

Lorsque la joie s’exprime, c’est aussi pour apporter un message. Ce qui nous a procuré cette joie est un bienfait, si vous pouvez l’identifier, vous pouvez le reproduire car la joie porte sur un objet précis.
Quelques soient les formes qu’elle adopte, allégresse, euphorie, enchantement, la joie est très positive car elle entraîne la production d’un certain nombre d’hormones.
  • la dopamine (hormone du plaisir)
  • la sérotonine (hormone de la bonne humeur)
  • l’adrénaline (hormone de l’excitation)
  • l’ocytocine (hormone du lien social).

Le besoin de quelqu’un qui vit cette phase d’euphorie dont nous avons parlé c’est le partage, la joie est faite pour être partagée. Si vous pouvez partager les petites joies de vos proches en difficulté, vous les aiderez à reproduire le sentiment d’être joyeux.


Voici donc quelques pistes bien qu’il soit important de préciser qu’il n’y a pas de mode d’emploi pour venir en aide à une personne qui vient de vivre un drame, mais comprendre certains mécanismes liés à notre fonctionnement peut aider. Et puis surtout, accueillez leurs émotions car “tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime!”. Si avec cela, vous pouvez vous inscrire dans des valeurs de bienveillance, respect, confiance et de patience vis à vis de la personne que vous souhaitez soutenir, vous avez toutes les chances d’y arriver.

Merci de partager cet article sur les réseaux sociaux s’il vous a plu. N’hésitez pas non plus à poster un commentaire si vous souhaitez interagir avec nous. On se fera un plaisir de vous répondre.

A bientôt!

 

Tom & Amande

 

 

 

 

 

 

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

3 Comments

  • Jean-Luc Picot 28 juillet 2017 at 10 h 19 min

    Super article merci 🙂
    Je rajouterai à la phrase “tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime”… la suite… “et tout ce qui s’est imprimé tend à vouloir s’exprimer”. Très important pour comprendre les cycles mémorisés et savoir pourquoi on peut ressentir une émotion sans qu’il y ait eu de problématiques présent.

    Reply
  • Aby 29 juillet 2017 at 16 h 37 min

    L’article le plus accessible et le plus complet que j’ai pu lire sur le sujet. Et hop, en favori pour le garder sous le coude en cas de coup dur. Merci beaucoup !

    Reply
    • Tom et Amande 30 juillet 2017 at 8 h 22 min

      Merci Aby, On fait de notre mieux. 🙂

      Reply

Leave a Comment

​Avez-vous déjà reçu votre guide gratuit? ​Téléchargez-le ​maintenant :
"5 concepts incontournables pour changer votre vie"
x