L’enfer c’est les autres!

“L’enfer, c’est les autres!”

Il s’agit d’une citation extraite de la pièce de théâtre “Huis clos” de Jean-Paul Sartre, qui a eu un grand retentissement et a largement dépassé le cadre de la philosophie pour passer dans le langage courant et la culture populaire.

Ne trouvez-vous pas que cette phrase en dit long sur notre façon de juger l’autre? Et si l’on arrêtait tout “simplement” de juger l’autre, peut-être ne serions-nous plus confrontés à l’enfer ?!

Le jugement, c’est naturel!

Non, mais sérieux, vous pensez vraiment qu’il est possible de ne pas juger? C’est le fonctionnement même de notre cerveau qui nous conditionne à juger! Et si vous n’êtes pas convaincu de cela, on vous invite à lire l’article : “3 mécanismes qui créent notre réalité” pour découvrir que ce qui est réel pour vous l’est peut-être beaucoup moins pour nous, par exemple.

Notre cerveau cherche en permanence à avoir raison, à classer dans une case ce que nous vivons ou plutôt, ce qu’il perçoit de ce que nous vivons. Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous ayons un avis objectif sur une situation ?

En plus, notre cerveau vit dans un monde de dualité. Pour lui, c’est bien ou c’est mal; beau ou laid; gentil ou méchant; sérieux ou ridicule… Il y a finalement peu de nuance dans sa manière de fonctionner.

Juger les autres, c’est les mettre dans des cases et nous détestons les cases!

Alors, bien qu’il soit très compliqué de ne plus jamais porter de jugement sur les autres, ni même sur soi d’ailleurs…, il y existe tout de même quelques pistes qui nous aident dans cette direction!

Par où commencer ?

Tout d’abord, souvenez-vous… le principe Pareto : 20 % de vos actions apportent 80 % de résultats! Alors, si nous commencions déjà par ne plus juger au moins 2 fois sur 10… ensuite observons en conscience ce que cela nous apporte… Vous verrez, c’est interpellant, mais très agréable en fait!

Il y a deux choses qui nous empêchent d’être heureux, juger les autres et vivre dans le passé.

Paulo Coehlo

L’observation versus l’interprétation

L’un des points essentiels serait de faire la différence entre observation et interprétation!

Pour cela, il serait intéressant que l’on s’entraîne à décrire ce que l’on observe. C’est la différence entre ce que vous avez vu ou entendu et ce que ça veut dire!

Évidemment, à partir du moment où vous refusez à votre cerveau qu’il puisse se construire l’histoire qui lui convient, il va falloir nourrir toutes les interrogations qui apparaissent! Pour ce faire, nous avons un outil absolument formidable : les questions.

Apprendre à poser des questions pour détailler, approfondir et confronter ce que nous avons perçu à un moment donné est indispensable pour s’avancer sur le chemin du non-jugement. Il s’agit donc bien de passer dans le mode précision. Pour cela, si vous ne voulez pas faire de supposition ni d’interprétation, il va falloir demander pour confirmer ce que vous avez perçu!

L’écoute active

C’est Carl Rogers, psychologue américain, qui a mis au point ce principe d’écoute active, qui a pour objectif d’améliorer la communication et par voie de conséquence, de minimiser le jugement.

Si vous souhaitez vous rafraichir la mémoire ou découvrir plus à ce propos, n’hésitez pas à (ré)écouter notre podcast sur l’écoute active en cliquant sur ce lien.

En quelques mots, l’écoute active se compose de 4 phases bien distinctes qui nous permettent effectivement d’activer ce mode précision, d’éviter les malentendus, de nous mettre à la place de l’autre et donc… d’essayer de le comprendre!

Voici ces 4 phases:

  • Première phase, l’écoute a proprement parlé : c’est laisser le temps à l’autre d’exprimer pleinement ce qu’il a à dire ou à montrer.
  • Deuxième phase, la clarification. Cette phase permet de vérifier si ce que vous avez compris est bien ce que l’autre a dit!
  • Troisième phase, l’investigation. Ici, on essaye de se mettre à la place de l’autre, on s’intéresse à lui plutôt qu’à sa problématique, ce qui permet de mettre à distance les émotions et de réagir sur base de faits et non de ressentis.
  • Quatrième phase, la reformulation. Elle apporte la preuve de l’écoute et met en action l’effet miroir. Vous renvoyez à l’autre ce qu’il a dit, avec d’autres mots, ce qui permet souvent une prise de conscience efficace qui est la base de toute transformation.

Pratiquer l’écoute active au quotidien est donc une bonne manière de ne pas systématiquement tomber dans le piège du jugement.

Prendre du recul par rapport à l’émotionnel

On le sait, dans une conversation, l’émotionnel prend une place très importante. Quand il y a jugement, c’est souvent aussi parce que les émotions se sont emparées de nous. Nous nous identifions à une émotion qui est une réaction à une situation. Il est en effet beaucoup plus difficile de ne pas juger quelqu’un si on est en colère contre lui. À ce moment-là, la colère, la tristesse, la peur jouent un rôle de filtre sur la réalité et comme par magie, le jugement réapparaît. Avoir une bonne gestion de ses émotions peut donc aussi jouer en notre faveur pour minimiser le jugement. Voici un lien vers un article qui traite de la gestion des émotions si vous voulez aller plus loin…

Il est facile de vivre les yeux fermés en interprétant de travers tout ce que l’on voit

John Lennon

 

Se recentrer sur soi et accepter la différence de l’autre

Et vous, qu’auriez-vous fait dans cette situation? Peut-être la même chose, peut-être pas. Le fait est que vous êtes différents, et c’est tant mieux, nous le sommes d’ailleurs tous.

Nous adorons cette citation qui résume très bien le jugement : “Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres”. Cette citation trouverait son origine dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 où l’on peut lire : Art. 4. – “La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.”

Nous avons tous des filtres différents face à la réalité. Pour juger de manière impartiale, il faudrait que nous ayons tous les mêmes filtres, et ce n’est pas le cas, car nous n’avons pas :

  • le même environnement,
  • la même personnalité,
  • le même passé,
  • les mêmes talents,
  • les mêmes valeurs,
  • la même typologie,
  • les mêmes besoins

En somme, nous sommes tous fondamentalement différents, mais nous devrions avoir un système de croyances commun? Impossible et irréaliste ! Vu depuis ce constat, il serait en effet préférable de se recentrer sur soi et d’arrêter de juger les autres en fonction de nos propres filtres. Par conséquent, la question pourrait plutôt être : “Qu’aurais-je fait à sa/leur place, si j’avais les mêmes filtres pour percevoir le monde?”

De notre point de vue, il est préférable de revoir la notion de dualité (bien ou mal) et de lui préférer la notion d’unité (bien et mal). Cela fait toute la différence et ce n’est pas nouveau! Ne dit-on pas “Le bonheur des uns fait le malheur des autres?”

Toute l’histoire de l’humanité se trouve résumée dans cette phrase et ce n’est pas prêt de changer. Si on revient à notre sujet qui est le jugement et qu’on l’analyse sous cet angle-là, on se rend vite compte qu’il serait préférable de s’en détacher!

Oublier de vouloir avoir raison!

C’est précisément quand vous voulez à tout prix avoir raison que le jugement des autres apparaît encore plus fort! Eh oui, si vous voulez avoir raison et que quelqu’un d’autre vous contredit, vous allez vous dire tout simplement qu’il a tort, que ce qu’il dit n’est pas vrai,… Ce qui vous fera dire que votre interlocuteur est soit un menteur soit un imbécile qui n’a rien compris soit quelqu’un de têtu… Bref, le jugement revient alors au galop. Il est peut-être plus simple et plus sage de ne pas chercher une seule vérité, mais d’en accepter de multiples… Qu’en pensez-vous?

Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n’est pas impossible que tout le monde ait tort.
Gandhi

Le test des trois passoires

Comme vous le savez, Socrate est un philosophe très connu et réputé pour avoir acquis une certaine sagesse à l’époque de la Grèce antique.

Un jour, quelqu’un vient le trouver et lui dit :

– Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?

– Un instant. Avant que tu ne m’en dises plus, j’aimerais te faire passer le test des 3 passoires.

– Les 3 passoires?

– Mais oui, dit Socrate, avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est ce que j’appelle le test des trois passoires. C’est ma façon à moi d’analyser ce que j’ai à dire et ce qu’on me dit. Tu vas comprendre… Le premier filtre est celui de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

– Non. J’en ai simplement entendu parler…

– Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.

– (…)

– Alors, passons au deuxième filtre : ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

– Ah non! Au contraire…

– Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es pas certain qu’elles soient vraies.

– Euh…

– Pour finir, et c’est la troisième passoire : est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait, est-ce que cela peut me servir à moi ou à quelqu’un d’autre?

– Utile, non, pas vraiment.

– Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bon, ni utile, à quoi bon m’en parler?

Si tous nos jugements passaient ce test des trois passoires avant de s’exprimer, il y en aurait beaucoup moins !

 

Si on reprend le point de vue plus contemporain de Miguel Ruiz dans son incroyable livre : “les 4 accords toltèques”, on retrouve le même avertissement dès son premier accord : Que ta parole soit impeccable! Le pouvoir des mots est tellement énorme, qu’il serait judicieux de filtrer ce que nous nous apprêtons à dire…

Le premier accord toltèque (extrait)


(…) L’esprit humain est semblable à une terre fertile dans laquelle des graines sont continuellement semées :

Des opinions, des idées et des concepts. Vous plantez une graine, une pensée et elle croit. La parole est une graine et l’esprit humain est si fertile!

Malheureusement , il s’avère souvent fertile pour les semences de la peur.

Chaque esprit humain est fertile, mais seulement pour les graines pour lesquelles il est préparé…

… Avoir une parole impeccable, c’est ne rien faire contre soi-même. Pour que notre parole soit impeccable, il ne faut donc pas l’utiliser contre soi…

Si je vous croise dans la rue et que je vous traite d’imbécile, il semble que je me serve de la parole contre vous; mais en réalité, je l’utilise contre moi et votre haine ne me fera aucun bien….

Miguel Ruiz en parle tout au long de son livre : le jugement, que ce soit envers nous ou envers les autres, ne nous apporte rien de bon! Tout au plus, il nous permet de nous accrocher un peu plus à ce que l’on pense être la vérité…

Pensez juste un instant à comment vous vous sentez lorsque vous êtes en présence d’autres personnes qui ne vous jugent pas. C’est à ce moment que la magie opère, que l’on se sent être soi avec une infinité de possibilités d’action! À l’inverse, lorsque vous êtes jugés ou que vous vous jugez vous-même, vous voyez ces possibilités d’action fondre comme neige au soleil. La peur prend le dessus, vous cherchez à vous protéger et vous n’agissez plus…

Le mot de la fin

La liberté individuelle s’achète et le prix se compte en unité de conscience! Pour devenir libre, commencer par accepter que les autres le soient autant que vous.

Le jugement est partout et notre conditionnement, notre éducation, nous a toujours poussés à mettre une ligne rouge entre le bien et le mal. Cette ligne précisément, c’est la ligne du jugement. Cette notion de dualité est tellement ancrée en nous qu’il nous est difficile de penser autrement. Pourtant, c’est aussi précisément cette ligne rouge qui nous rend malheureux et nous fait parfois vivre l’enfer… parce que nous sommes d’un côté ou de l’autre et parce que nous mettons les autres d’un côté ou de l’autre. Aujourd’hui, ne serait-il pas plus sage de se visualiser à la fois d’un côté et de l’autre?

Nous ne savons pas ce que les autres vivent, ressentent, nous ne devrions donc pas les mettre dans des cases! Identifier un être humain à son comportement est une réaction irresponsable. Lorsqu’on agit comme cela, c’est que l’émotionnel prend une part trop importante dans la situation vécue. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que vraiment, cela n’apporte rien du tout…

C’est toute l’histoire de l’identité qui se joue ici! Nous ne sommes pas que nos émotions, nous ne sommes pas que nos comportements, nous sommes par contre responsables de nos actes et par conséquent, de ce que nous vivons. Si l’un de vos comportements ne vous apporte pas le résultat attendu, alors changez ce comportement! Il y a toujours quelque chose que vous pouvez faire! C’est vous qui placez les limites de vos actions, les barrières qui vous empêchent d’agir. Sans jugement, vous n’avez plus besoin de limites ni de barrières. Arrêter de juger cela demande un travail important, car il faut observer attentivement, préciser tout le temps, ne pas confondre personne et comportement et ne jamais généraliser… C’est beaucoup plus difficile que de mettre les gens directement dans des cases en fonction d’un premier ressenti.

Réfléchir c’est difficile, c’est pourquoi la plupart des gens jugent

Carl G. Jung

Et puis, n’oubliez pas, chaque fois que vous jugez quelqu’un, vous vous faites du mal à vous…

En complément de cet article, régalez-vous en regardant la vidéo d’Amandine au sujet du développement personnel, elle s’intitule  “les autres”.

Merci de nous avoir lus! Et surtout, continuez à partager avec “les autres”, les ressources et les outils à notre disposition pour vivre bien, tout simplement. 🙂

À bientôt!

Tom & Amande

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