Les clés d’un espoir qui ne meurt jamais !

Petit rappel…

Vous vous souvenez de Pascale qui nous avait fait un témoignage poignant sur le blog au sujet de sa maladie ? Si vous voulez lire ou relire ce témoignage, cliquez ici.

Comme nous vous l’avions déjà dit, nous avons continué à entretenir des contacts avec Pascale et notre curiosité, celle qui est à la base de notre état d’esprit positif, a cherché à en savoir plus… Nous lui avons donc posé trois questions auxquelles nous ne trouvions pas de réponse. Pascale y a répondu, en nous livrant sa réponse, son point de vue avec beaucoup d’authenticité et de franchise. Vous trouverez ses réponses aux questions ci-dessous.

Mais avant de poursuivre, nous voudrions juste attirer votre attention sur l’intérêt qu’il y a, selon nous, à partager avec vous les ressources que Pascale a utilisé pour continuer à

  • trouver du sens à sa vie,
  • surmonter les douleurs et les peurs,
  • apprendre à profiter de l’instant présent.

Les propos de Pascale sont durs… on y sent le vécu d’une vie qui ne l’épargne pas… un vécu où les émotions fortes sont à leur apogée… mais, derrière ses mots poignants et bousculants à la fois, elle nous livre aussi, avec la puissance du cœur, des clés, des ressources incroyables qui ont le pouvoir de nous faire avancer même dans l’adversité! Ces ressources, chacun de nous peut choisir de les utiliser dans sa vie, lorsque les choses tournent mal, sans pour autant vivre ce que Pascale vit…

Pour nous, ce que Pascale a pu mettre en place pour se faire du bien malgré les circonstances de sa maladie, c’est l’essence de ce que vous pouvez choisir de mettre en place pour vous!

Aussi, nous prenons conscience de toute la difficulté d’écrire à propos de soi, sur un sujet si sensible… c’est pourquoi, nous remercions Pascale pour son courage et son partage d’expérience qui nous l’espérons, pourra vous apaiser voire vous inspirer…

 

Comment faire face à une maladie grave?

Voici les 3 questions que nous lui avons posées :

  1. Comment faire face à l’annonce d’un cancer?
  2. Comment sortir de la spirale négative qui en découle?
  3. Quels conseils concrets donnerais-tu suite à ton expérience?

 

Comment faire face à l’annonce d’un cancer?

L’effondrement

Quelque soit le cancer annoncé, dans tous les cas, c’est un bouleversement et dans les cas les plus graves, c’est le chaos.

Entre la découverte de la tumeur et le diagnostic, j’étais convaincue que je bénéficierais du plan A, celui de la majorité des cas, en l’occurrence un traitement curatif en vue de la guérison. Mais le 1er mars 2016, la 1ère phrase de l’oncologue « malheureusement, il y a des métastases au foie et aux poumons » et c’est l’effondrement car le plan B, c’est la maladie incurable car métastatique.

Je sors de 3 années de souffrances liées à mon arthrose aigüe impliquant six hospitalisations dont une intervention avec accident médical très lourd qui m’a bloquée 10 mois.

Ma première réaction à l’annonce du cancer :

« 3 années de combat pour en arriver là !!! »
Mon contrecoup immédiat : la culpabilité. « Durant ces 3 années pénibles, je n’ai plus fait de mammographie !!!  Je n’ai pas le droit de faire subir ce calvaire à mes proches ».

Inévitablement, la nuit suivante est un face à face avec la mort, un tourbillon de pensées ténébreuses et l’envahissement d’une angoisse terrifiante.

Pourtant le lendemain, je subis ma première chimiothérapie. J’apprends qu’elle sera dure. Mon cancer est ravageur. Les produits seront parmi les plus forts. Bien que je sois une solitaire, j’opte pour les séances dans des fauteuils au milieu des autres patients plutôt que dans une chambre. Effrayée dans un premier temps d’entrer dans leur monde, leur présence, l’identification à l’autre, l’empathie et parfois la dérision apportent un certain réconfort dans ces salons morbides. C’est donc là que les traitements détruiront mes racines capillaires, m’affaibliront et m’épuiseront par les nausées, les nombreux troubles digestifs et autres effets secondaires.

La suite est une spirale de dégradations et de souffrances. Chaque séance chimio me détruit un peu plus et je les subis la peur au ventre. Je perds un kilo par mois. Avec ma maigreur, mon crâne rasé, mon regard hagard et mon teint cireux, toute vision dans le miroir devient supplice. Malgré tout et grâce à l’aide de mes proches, je sais que j’irai jusqu’au bout des cures les plus éprouvantes.

trouver des resources dans la natureDurant les traitements les plus durs, hormis pour l’hôpital, j’ai peur de sortir et je m’isole. Seuls subsistent mes nombreuses marches dans les bois que je m’impose obstinément tel un automate, mes séances de kiné qui m’obligent encore aujourd’hui à sortir du lit et un après-midi par semaine sur mon ancien lieu de travail.

Le déplacement à mon bureau engendre l’obligation de me maquiller et de m’habiller correctement. Dans ce calvaire, mon gros bras dû à la destruction de mes ganglions axillaires par les cellules cancéreuses m’accable autant, voire plus que tout le reste. Les difficultés liées à l’habillement me dépriment chaque fois que je dois voir du monde et surmonter mon angoisse de croiser les gens qui me connaissaient. Avec beaucoup de difficultés, je m’imposais ce lien social et avec du recul, je sais que cela a été bénéfique.

Malgré tout, imperceptiblement, une sphère obscure m’enferme peu à peu et fin de l’été 2016, je sombre au fond du puits et je me terre. Je suis complètement dépassée et je perds pied, je perds la mémoire, je me perds à 10 km de chez moi, je perds tout dans ma maison devenue un capharnaüm ; je crains de perdre mes repères et c’est la raison que je perds.

A force de me terrer, je rentre sous terre. A force de me cacher, je finis par me perdre.

Comment sortir de la spirale négative qui en découle?

 

Sans aide de ses proches, sans soutien d’amis, je vous assure que c’est impossible.
Si vous êtes dans le cas, allez vers les autres… même si eux ne viennent pas vers vous.
Demandez de l’aide, surtout si, comme moi, vous vivez seule.
Si vous avez des proches qui sont malades allez vers eux, en particulier s’ils ne vous appellent plus.

 

Ma fille et ma sœur me soutiennent énormément depuis le début mais je vis seule dans un quartier tranquille à l’orée d’un bois. Veuve depuis de nombreuses années, le travail et les voyages étaient ma passion et ma thérapie. J’ai très peu d’amis. Il faut pourtant que je me crée un nouveau réseau. Hors du monde normal, je m’accroche à d’autres patients qui comme moi, vivent au ralenti. Je rends souvent visite à une amie rencontrée à la chimio. Mais son état se dégrade et à l’approche de Noël, elle s’en va.

L’hiver étant, c’est ma sœur et mon beau-frère qui me tendront la corde la plus solide pour me sortir du puits. Viens souper… et si tu logeais ? Je n’arrive plus à conduire dans le noir, j’accepte donc de passer la nuit chez eux. Et si tu revenais la semaine prochaine ? Tu peux passer la journée ici et rester une 2ème nuit… Viens quand tu veux… la chambre d’amis est pour toi. En quelques semaines, quelques bons repas et verres de vin partagés, je me sens mieux. Dans un premier temps, les retours à la maison sont catastrophiques, puis les angoisses s’atténuent.
Depuis, j’ai une valise en permanence sur mon lit.

D’autres amis reviendront vers moi doucement. Certains m’avouent qu’il y a des mois qu’ils souhaitent m’appeler mais n’osent pas car ils ne savent pas quoi dire. Beaucoup citent la peur de me déranger, de me fatiguer. Mais ce qui m’accable bien plus que l’épuisement, c’est l’isolement. Je comprends alors que c’est moi qui dois faire la démarche et non attendre de la sollicitude. Je dois sortir de terre et assumer le fait que j’existe encore et que je vais du mieux que je peux.

J’appelle au secours un ami de longue date. Le lendemain il est là. Depuis, tous les mois il organise un resto entre amis dont je fais maintenant partie. Nous rentrons d’une petite croisière sur le Rhin avec 6 personnes que je ne connaissais pas encore et 2 autres voyages sont en préparation. Ce n’était pas mon style de voyages mais, je dois modérer mes efforts, et accepter d’adapter mes activités.

Longtemps après le diagnostic du cancer, un couple d’amis qui vient seulement d’apprendre la nouvelle m’appelle abasourdi. Ils ne me questionnent pas sur mon état de santé mais me demandent ce qu’ils peuvent faire pour moi. Cela change tout : je ne suis plus un diagnostic négatif. Le lendemain nous partageons un repas qu’ils apportent. Suivront weekend à la mer, repas chez eux et contacts téléphoniques permanents et sans tabou qui m’aident beaucoup.

A Noël, ma fille m’offre un album et une place de concert programmé pour la fin avril, soit dans 4 mois. C’est le 1er projet à si long terme depuis l’annonce de mon cancer. Je suis une adepte des concerts rock et des festivals. Pourtant, elle a pris le pari de nous faire participer à une ambiance différente avec la tournée de Christophe Mae « L’attrape Rêves ». Elle a gagné car dès que j’écoute cet album plein d’émotions, j’évoque mentalement notre futur concert. Je ne pense plus que c’est mon dernier Noël et je la remercie en pleurs.

 

 

La projection dans le futur est indissociable de l’optimisme et de la positivité.


C’est un fait pour le commun des mortels mais cela prend une toute autre dimension dans le cadre du cancer, en particulier pour un cancéreux dont le pronostic vital est limité.
Le milieu de la médecine publie sans cesse ses progrès en matière de survie. Bien entendu, j’ai lu quelques articles s’appliquant à mon type de cancer.

Si la chance est de mon côté, j’ai encore un peu de temps et je veux le vivre à plein temps.
Il ne faut pas toujours aller bien loin pour se projeter dans le futur. Un peu de terre suffit. A la fin de l’hiver, je trouve refuge dans mon jardin.

Je prépare mes semis avec beaucoup d’attention. Les graines sont le symbole de la vie. Et à mes yeux lorsque je les mets en terre, la vie sera au retour du printemps et de l’été. Mon sens de l’observation a changé… et surtout, j’ai le temps de contempler. Quel bonheur !

Je dois modérer mes efforts. Je souffre d’arthrose aigüe depuis des années. Avec les traitements liés au cancer, il n’y a plus une articulation qui ne soit pas douloureuse. Je cultive avec une lenteur inimaginable et impensable et certainement inutile pour la plupart. Peu m’importe, ce n’est pas que le résultat qui compte; c’est aussi le moment présent.

Prenez le temps de faire ce que vous avez envie, peu importe comment, pour qui et pourquoi. Pourvu que cela vous plaise et vous détende.
Appréciez le moindre bon moment, qu’il soit avec vos proches ou dans la solitude.
Mettez à profit votre fatigue et votre lenteur pour écouter, palper, sentir et observer.

 Rien n’est jamais acquis

Je m’efforce aussi d’apprivoiser ma respiration.
J’ai à portée de main, un petit guide dans lequel sont expliqués et illustrés des conseils permettant de calmer le rythme cardiaque, de canaliser ses émotions et surtout pour moi de m’apaiser physiquement. Malgré tout je reste vulnérable. Bien entendu chaque résultat d’examen est source d’anxiété. La fragilité physique peut aussi prendre le dessus sur tout le reste.

Aujourd’hui, je suis en post-op d’une ablation du sein qui est devenue source de douleurs bien plus intenses que durant les premiers jours qui ont succédé à l’hospitalisation. Plus d’un mois après l’intervention, c’est une épreuve supplémentaire plus dure que m’avait fait entendre le corps médical. La difficulté à gérer des douleurs aiguës ou lancinantes peut tout faire basculer.

Il faut constamment un garde-fou pour empêcher la chute

De nombreux centres d’activités d’aide au cancer vous conseilleront une introspection intérieure à la recherche de vos pensées, de vos sentiments et de votre corps : parmi ces diverses activités, j’ai opté pour la méditation pleine conscience. J’ai bénéficié d’un atelier organisé par la Maison de bien-être attenante à l’hôpital où je suis soignée. En quelques séances, j’ai appris un exercice de méditation que je fais, peut être trop rarement, mais en tout cas chaque fois que je ressens une nervosité grandissante.

Très pragmatique et terre à terre dans la vie, tout ce qui n’était pas physique ne répondait pas à mes aspirations pour me détendre, voire m’agaçait. Pour me divertir, je devais être active.

Aujourd’hui, la méditation pleine conscience est probablement la première activité que je fais sans rien exiger de moi, sans objectif de résultat et sans compétition. A ce jour, c’est ma bouée de sauvetage

 

Le mot de la fin…

Il y a deux manières différentes d’envisager ce texte :

  • Une première qui nous fait dire : quelle horrible histoire, c’est sordide, c’est injuste, qu’est-ce que la vie peut être cruelle, pourquoi la vie fait-elle souffrir autant, etc.
  • Une seconde qui nous met tous et toutes dans une situation d’humilité : celle qui pose la question de ce qu’il y a justement à apprendre de cette situation…

Lorsqu’on y regarde de plus près, bien sûr le texte de Pascale est noir. Il raconte l’histoire ressentie de l’intérieur d’une personne qui apprend qu’elle a une maladie incurable. Mais derrière ses mots, Pascale nous donne aussi de nombreuses clés que nous allons nous permettre de reprendre dans cette conclusion, pour donner raison à l’espoir et offrir une chance au positif de surmonter la charge émotionnelle que génère ce texte plein de franchise et d’authenticité !

 

Face à une nouvelle terrible, il y a d’abord l’effondrement et c’est bien normal ! En un instant, ce sur quoi nous avons construit notre existence se dérobe sous nos pieds… Nous avions écrit un article sur les différentes phases que l’on traverse dans les situations de crise, pour en savoir plus, cliquez ici.

Ce que l’on peut voir dans le texte et qui a retenu notre attention, c’est que

  • Pascale a inconsciemment cherché à se connecter avec la nature, avec notre terre via ses ballades en forêt puis via son jardinage. Pour nous, c’est la première leçon à retenir de ce texte… lorsque ça va mal, essayez de vous connecter à quelque chose de plus grand que vous, à l’énergie d’une forêt, de la mer, d’un ciel étoilé, celle de la vie aidant une fleur à pousser ou arbre à naître, … Les possibilités sont infinies! Mais, quelles qu’elle soient, pour nous, elles permettent de relativiser notre existence, d’envisager la question de notre identité sous un angle nouveau. Nous ne sommes pas seulement Thomas, Amandine ou Pascale, nous sommes bien plus que cela. Nous comme vous, nous faisons partie intégrante de ce qui nous dépasse. Le principe même de la vie sur terre est un cycle, c’est comme ça, nous le savons depuis le début, mais nous faisons pourtant tout pour l’oublier au quotidien…
  • Quand vous êtes au fond du trou, s’il vous reste une chose à faire, c’est d’aller vers les autres… Pascale le souligne à plusieurs reprises. Nous avons effectivement parfois besoin des autres pour mettre en évidence nos ressources et il ne faut pas l’oublier !
  • L’acceptation de ce que l’on vit amène une forme d’apaisement et avec l’apaisement naît un état d’esprit résolument positif qui amène à prendre finalement du plaisir dans ce que l’on vit. C’est ce message qui est primordial pour nous, peut importe ce que vous vivez actuellement, vous avez une certaine de forme de pouvoir sur la manière dont vous voyez les choses. Ne plus être physiquement capable de jardiner vite et bien, amène Pascale à jardiner différemment, poser son regard différemment, à voir le miracle de la vie, dans une graine qu’elle tient au creux de sa main. 
  • Et enfin, elle clôture son texte en nous disant tous les bienfaits de la méditation de pleine conscience, avec cette phrase qui la rapproche plus que jamais de qui elle est vraiment : ” Aujourd’hui, la méditation pleine conscience est probablement la première activité que je fais sans rien exiger de moi, sans objectif de résultat et sans compétition.

 

Encore une fois, Merci à toi Pascale de souligner, à travers le partage de ton histoire, l’importance de notre manière de voir les choses par rapport à ce que nous vivons réellement.

N’hésitez pas à laisser ci-dessous, un commentaire, un partage d’expérience, une question,… Pascale se fera un plaisir de répondre à chacun d’entre vous, comme elle l’a si gentiment fait pour l’article précédent! Pour le voir cliquez ici  et retrouvez les précédents commentaires et les réponses de Pascale!

Il ne faut jamais dire que l’espoir est mort. Ça ne meurt pas, l’espoir.

Gabrielle Roy

Très belle journée à vous et à bientôt!

Tom & Amande

 

 

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