Comment sortir du triangle dramatique?

Le triangle dramatique KESAKO ?

Le triangle dramatique est un jeu psychologique qui fait appel à trois rôles bien distincts, chacun des rôles étant associé à un état psychologique :

  • Victime-souffrance
  • Persécuteur-colère
  • Sauveur-amour inconditionnel

Ce jeu psychologique est visuellement représenté par un triangle. La victime prenant la place du sommet, car elle peut s’associer à un sauveur comme un à persécuteur.

Dans le bas du triangle, le sauveur et le persécuteur ne font pas bon ménage. L’un des deux incitant souvent l’autre à changer de rôle en devenant lui-même persécuteur ou sauveur pour que le jeu puisse continuer.

Vous vous dites peut-être que vous n’êtes pas concerné : que vous n’êtes ni sauveur, ni persécuteur, ni victime. Peut-être aussi vous dites-vous que vous préférez être sauveur que persécuteur ou même qu’il est préférable d’être le persécuteur que la victime. Et, il semble bien que vous vous trompiez ! Ce qu’il faut bien comprendre dans ce jeu c’est qu’aucun rôle n’est meilleur que l’autre, ni plus efficace d’un point de vue relationnel. Chacun de ces trois rôles nous coûte en termes de souffrance et de conflit. Dès qu’une personne en face de nous endosse un de ces rôles, il peut déclencher chez nous l’envie de jouer.

Un exemple ?

Imaginons le dialogue entre un homme qui rentre du travail et sa femme. Appelons-les Paul et Virginie.

Paul, persécuteur : “Le repas n’est pas encore prêt ? Qu’est-ce que tu as encore fait de ta journée ?”

Virginie, victime : “Il a fallu que je m’occupe des enfants. Ils avaient vraiment besoin de moi, je n’ai pas eu une minute !”

Paul, victime : “En attendant, c’est moi qui trinque. Je suis épuisé de ma journée, tu ne peux pas comprendre…”

Virginie, sauveuse : “Je m’occupe du repas de suite et on peut parler de ta journée si tu veux.”

Paule, persécuteur : “J’aurais mieux fait de rester manger avec les collègues.”

Virginie, persécuteur : “Si tu le prends comme ça, fais toi-même à manger et gardes les enfants, je sors chez une copine.”

Paul, victime : “C’est ça… Vas-y, laisse moi encore tout seul ce soir, ce ne sera pas la première fois.”

Virginie, victime : “De toute façon, c’est ce que tu veux, être seul, tu ne m’as même pas téléphoné de la journée…”

 

On voit que le jeu peut continuer inlassablement, c’est terriblement épuisant pour les deux protagonistes et dans ces conditions, il est impossible de construire quoi que ce soit.

L’origine du triangle dramatique

Ces scénarios classiques que l’on retrouve dans la vie de tous les jours ont été détectés en 1968 par Stéphen Carpman

Il sont basés sur quatre “fausses vérités” que voici :

  1. J’ai le pouvoir de rendre les autres heureux (c’est la croyance du sauveur qui cherche une victime)
  2. Les autres ont le pouvoir de me rendre heureux (c’est la croyance d’une victime en attente d’un sauveur)
  3. J’ai le pouvoir de rendre les autres malheureux (c’est la croyance des persécuteurs en recherche d’une victime)
  4. Les autres ont le pouvoir de me rendre malheureux (c’est la croyance d’une victime en en attente d’un persécuteur)

 

Pour jouer, il faut des joueurs…

Voyons maintenant ce qu’il se passe si l’un des deux refuse de jouer :

Paul, persécuteur : “Le repas n’est pas encore prêt ? Qu’est-ce que tu as encore fait de ta journée ? ”

Virginie, observatrice : “C’est vrai, je suis un peu en retard aujourd’hui…”

Paul, victime : “En attendant, c’est moi qui trinque ! Je suis épuisé de ma journée, tu ne peux pas comprendre…”

Virginie, observatrice : “Qu’est ce que tu voudrais que je comprenne ?”

On voit qu’il va rapidement manquer un joueur pour continuer l’escalade… Cette fois, Virginie reste dans le rôle de l’observateur, il va être possible de construire une discussion autour du ressenti de Paul.

 

Alors, comment sortir de ce triangle dramatique ?

Heureusement, il y a plusieurs moyens!

Comme toujours, cela commence par prendre conscience, par identifier le rôle que nous prenons habituellement. Pour sortir du triangle dramatique, on devrait commencer par devenir observateur du jeu que les autres jouent.

Quelques idées pour s’avancer sur ce chemin :

  • Le lâcher-prise : cela consiste à pouvoir dire ce que vous croyez sans pour autant imposer vos croyances aux autres. En d’autres termes, c’est à l’autre de faire de ce que vous avez dit, l’usage que bon lui semble.
  • Accepter l’autre tel qu’il est : vous avez un chemin à parcourir et finalement dans ce chemin le comportement de l’autre est peu important.
  • L’indépendance par rapport au résultat de mes actions : en d’autres termes, je prends l’entière responsabilité de mes actions.
  • Abandonner la manipulation : en d’autres termes la menace ! Plus de menace pour les persécuteurs, pas de plainte pour les victimes et pas de promesses pour le sauveur. Vous comprenez qu’en agissant de la sorte, l’autre finira toujours par vous en vouloir.
  • Abandonner le rapport de force : lorsque vous êtes en situation avec quelqu’un qui veut jouer, vous refusez d’entrer dans le triangle dramatique. C’est en effet la meilleure manière d’aider les autres.

Pensez aux accords toltèques


Vous connaissez les accords toltèques? Ce sont ces 4 accords que vous pouvez passer avec vous-même pour vous aider à sortir du jeu du triangle dramatique. Ils proviennent de l’excellent livre de Don Miguel Ruiz, les quatre accords toltèques. Et si vous ne l’avez pas encore lu, nous vous le conseillons sans retenue ! Voici une petite vidéo tournée en bord de mer qui vous les présente très humblement.

 

 

Que nous disent ces accords ?

  1. Que votre parole soit impeccable : les mots sont précieux, car ils concrétisent nos pensées. Pour Miguel Ruiz, nous ne devrions parler que quand c’est réellement nécessaire. Ne jugeons pas, ne critiquons pas l’autre pour ce qu’il a dit ou ce qu’il a fait, car en le faisant, nous acceptons de jouer.
  2. Ne prenez rien pour une affaire personnelle : vous n’avez absolument aucun pouvoir sur ce que les autres pensent, disent, et font. Le conseil de cet accord est donc de ne pas considérer que les mots et les comportements des autres sont dirigés contre vous. Si on reprend l’exemple de Paul qui rentre visiblement de très mauvaise humeur du travail: Est-ce de la faute de Virginie ? Si elle le prend pour elle, qu’elle se justifie, elle rentre automatiquement dans le jeu. Si elle renvoie à Paul, la colère qu’elle perçoit en ne le prenant pas pour elle, une vraie conversation peut s’engager.
  3. Ne faites pas de supposition : toujours avec l’exemple cité plus haut, si vous faites des suppositions, vous avez peu de chance de tomber juste. Nous avons été dotés d’un outil fabuleux qu’on appelle la parole et qui nous permet de demander des précisions par rapport à ce que nous avons perçu. Pourquoi ne pas l’utiliser ? Pourquoi continuer à nous créer une réalité basée sur quelque chose que nous n’avons pas vérifié ?
  4. Faites toujours de votre mieux : vous n’êtes pas parfait ou parfaite, et nous non plus :-). Si nous partons avec l’intention de faire de notre mieux pour appliquer ces accords dans nos vies, nous sommes déjà sur le bon chemin. Souvenez-vous du principe Pareto… 20 % de vos actions donnent 80% de résultats !

Utilisez la communication non violente

Communication non violente

La communication non violente

On vous a déjà parlé de cet outil fabuleux dans un de nos podcasts que vous pouvez réécouter en cliquant ici.

Un petit rappel rapide ?

C’est un principe de communication qui s’inscrit en 4 étapes bien précises et qui permet en une seule phrase de décrire votre situation, votre ressenti, votre besoin et de faire une proposition à votre interlocuteur.

Concrètement, ça donne ça :

  1. Décrivez ce que vous observez dans votre monde à vous. Faites-le en différenciant l’observation et l’interprétation. Notre cerveau à l’habitude d’interpréter pour se rassurer, pour se dire qu’il a compris pourquoi un tel a réagi comme ci ou comme ça… Ici on vous demande de rester dans l’observation. Alors qu’est-ce que vous observez?
  2. Exprimez votre ressenti réel. Quelle émotion, quels sentiments s’emparent de vous lorsque vous faites ces observations?
  3. Exprimez votre besoin réel. Maintenant, il s’agit de mettre des mots sur votre besoin réel à vous. Pas question d’exprimer que l’autre change de comportement, mais plutôt de voir ce dont vous avez besoin pour être mieux. Besoin d’aide, de reconnaissance, d’amour, d’être rassuré, de comprendre, d’ordre, etc. À vous de faire une petite introspection pour être juste là dessus.
  4. Faites une proposition claire et précise à l’autre. Une proposition qui en quelque sorte permettrait de répondre à votre besoin réel et bien sûr, accepter à l’avance que l’autre refuse la proposition ou qu’il la négocie, car ce n’est pas un ordre, c’est une proposition !

Pour donner un exemple :

Tu ne réponds jamais quand je t’appelle” pourrait devenir : “J’ai remarqué que les deux fois où je t’ai appelé aujourd’hui, tu n’as pas répondu. J’ai peur que trop de distance s’installe entre nous, j’ai besoin d’être rassuré. Je te propose que lorsque tu ne peux pas répondre au téléphone, tu prennes un instant pour m’envoyer un petit texto. Qu’en penses-tu?

On voit que c’est effectivement beaucoup plus constructif que de continuer à jouer 🙂

Le mot de la fin,

C’est tellement énergivore de jouer au triangle dramatique et il y a tellement mieux à faire avec cette énergie que nous ne pouvons que vous conseiller d‘être attentif au rôle que vous prenez le plus souvent dans telle ou telle situation. Les relations de couple ou les relations parent-enfant sont particulièrement touchées par l’effet négatif du jeu du triangle. En fait, si on regarde bien, cela concerne tout le monde.

Une fois de plus, on ne peut que vérifier que les outils existent. À nous de nous en servir…  Tant que vous resterez dans l’idée que les autres vous doivent quelque chose ou que vous leur devez quelque chose, vous resterez enfermé dans le triangle. Moins vous êtes dans l’attente de quelque chose, plus vous serez libre. Moins vous vous sentirez obligé d’agir d’une certaine manière, plus vous pourrez agir sans émotion parasite. Sortir du triangle dramatique, c’est aussi prendre et mettre en action le pouvoir que vous avez sur votre vie. Celui de la construire comme bon vous semble.

Il y a de nombreuses manières de ne pas accepter de jouer, mais tout commence toujours par une prise de conscience! Alors, soyez attentif à ce que vous vivez. Et si vous le souhaitez, voici un lien vers un article qui parle de l’attention comme premier pilier de la conscience.

Merci de nous suivre sur Facebook et de continuer à partager avec nous, sur les réseaux, ces outils constructifs pour construire ensemble le monde de demain!

Bougez-vous, personne ne le fera pour vous ! 😉

A bientôt,

 

Tom & Amande

 

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7 Comments

  • Natacha Guillaume 1 novembre 2017 at 10 h 35 min

    Bonjour Tom et Amande,
    et merci pour cet article très intéressant!
    Il m’a fait penser à un article que j’ai écrit et que voici https://heureux-sans-couches.com/7-choses-a-faire/
    La toute dernière chose que j’explique pour simplifier sa vie de famille fait référence au trio “méchant/victime/sauveur”, qui selon moi commence dans l’enfance, avec l’éducation reçue…
    Natacha

    Reply
    • Tom et Amande 1 novembre 2017 at 14 h 57 min

      Merci Natacha pour ton commentaire. Tout à fait d’accord pour dire que ça commence dans l’enfance. Mon maître de taïchi a pour coutume de dire que la famille est la première secte dans laquelle nous rentrons avant d’en ajouter une seconde, l’école. Même si l’éducation familiale et scolaire sont toutes deux en pleine mutation, occupées se chercher un nouveau modèle à adopter. Je ne peux m’empêcher de penser que cela passe par un système d’essais, erreurs. Je veux dire par là, qu’en tant que parents, on fait de notre mieux, mais on impose aussi toute une série de choses parce qu’on croit que c’est ce qu’il faut à nos enfants… C’est le propre d’un parent, chercher ce qui est le mieux pour son enfant avec les moyens qu’il a, à sa disposition.

      Reply
  • Aby 1 novembre 2017 at 17 h 13 min

    Bonjour et merci pour cet article très riche !

    Reply
  • Guillaume 9 novembre 2017 at 8 h 57 min

    Merci beaucoup pour cet article très riche sur un des éléments d’importance de l’Analyse Transactionnelle : le triangle de Karpman, et les jeux psychologiques.
    J’ai beaucoup aimé la référence aux accords toltèques, et il est vrai que l’utilisation des techniques de Don Miguel Ruiz sont un vrai plus pour se sortir de ce jeu dramatique qui ne se termine jamais bien quand on va jusqu’au bout.
    Avez vous vu le film “oui, mais …” ? C’est extrêmement intéressant, notamment Jugnot qui joue le rôle de “coach” et qui détaille des scènes de la vie de tous les jours où les personnes s’enfoncent justement dans le triangle dramatique.
    https://www.youtube.com/watch?v=VbcrYJrbFuc

    Bonne journée.

    Reply
    • Tom et Amande 10 novembre 2017 at 5 h 50 min

      Bonjour Guillaume, nous avons vu le film “oui mais” et il résume en effet très bien le jeu psychologique qui est à l’origine de beaucoup de nos souffrances…Le nouveau jeu serait : “jouer à comment on sort du jeu? “. Merci pour ton commentaire…

      Reply
  • Natascha Coudrier 9 novembre 2017 at 9 h 10 min

    Merci!!! Je pense avoir trouvé grâce à vous et à cet article pourquoi je ne suis pas heureuse.

    Reply
    • Tom et Amande 10 novembre 2017 at 5 h 48 min

      Bonjour Natascha, c’est parfois un constat difficile à faire, mais c’est aussi la première étape d’une transformation, la prise de conscience. Nous espérons que tu retrouveras vite le chemin du bonheur, il n’est jamais très loin.:-)

      Reply

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